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« Troubadour quelle est cette légende qui court actuellement dans nos campagnes ?
- Messire, vous la connaissez forcément, vos aïeux avant vous déjà l’avaient entendue.
- Et bien précise-moi parmi toutes celles que j’ai pu entendre, de laquelle il s’agit.
- "Chevalier" Messire, la légende de Chevalier.
- Quoi ! Tu veux dire que c’est cette vieille histoire de femmes qui agite nos campagnes actuellement ? Qu’à t-elle de plus que les autres, et pourquoi ce bruissement dans les chaumières à son nom ?
- Pas une histoire de femme Messire, laissez moi vous rappeler.
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Il y a bien longtemps dans la contrée voisine sur les terres abandonnées aujourd’hui encore, Chevalier vivait dans sa forteresse respectant la promesse de maintenir paix et harmonie en son domaine.
Puis un jour où décidant de sortir il baissa sa garde, il fût touché au coeur par un trait tiré par Damoiselle Sephora qui cherchait à tuer un dragon.
De ce trait aucun médecin ne put le guérir, mais une colombe messagère l'en soigna juste avant qu'il ne s'endorme pour l'éternité.
Chevalier qui pensait se réveiller un jour guéri, demanda à son page d'être là le jour de son réveil.
Nul n'a su ce qu'ils sont devenus lui et le page. Pourtant la vie continuait au château jusqu'à ce qu'il soit abandonné faute de seigneur pour le gérer..
Le temps à passé, les terres de Chevaliers devinrent friches et plus personne n'entendit parler de lui.
Son histoire devint légende, Messire.
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-Allons troubadour, tu ne vas pas accorder foi à ce récit, si effectivement sur les terres interdites restent un château abandonné, c'est dû aux faits de guerres, qui décimèrent les derniers héritiers de cette famille.
-Messire ne vous êtes vous alors jamais demandé pourquoi personne n'a acquis ces terres abandonnées. La légende dit encore que le seigneur des contrées Dhamhour veille sur elle jusqu'au retour de Chevalier.
- Sornettes que tout cela troubadour et cela ne me dit pas pourquoi mes gens parlent beaucoup de cette légende actuellement.
-Messire il y a peu de cela, des soldats passant à proximité des terres de Chevalier ont cru voir une colombe rentrer dans le château, comme au temps de Damoiselle Sephora. Nul ne l'a vu ressortir.
Ils ont aussi trouvé attaché aux portes du château un cheval d'écuyer ou de page, dont les armes portaient le blason de Chevalier Messire. Voilà pourquoi les gens frémissent.
Certains disent que Chevalier est de retour, lui ou son fantôme Messire.
-Est tu certains de ce que tu avances troubadour ? Ignore tu les conséquences que cela peut engendrer sur cette contrée comme sur les terres Dhamhour!
Et ce secret que Chevalier à glissé à l'oreille de son page avant la fin, le connais tu ?
-Messire certains disent qu'il s'agit d'un trésor enfoui au sein du bastion. D'autres disent que c'est un secret d'Amour le liant depuis toujours à Damoiselle Sephora....
Tous savent que le page et Chevalier passèrent et passeront l'éternité à guetter le retour d'une colombe messagère, messire.
La colombe à été vue Messire ,porteuse d'un message à en croire ce qui se dit. N'entendez vous pas les tambours battre vos campagnes?
N'entendez vous pas le bruissement de cette agitation nouvelle ? Quelque chose vient d'être libéré du fond des temps Messire, ...
-Troubadour, n’est il pas dit non plus dans cette légende que le page pris soin de faire prévenir Damoiselle Sephora de la noirceur de son avenir si elle tentait d’approcher Chevalier ?
Avenir qui expliquait que pour préserver la paix sur la contrée, jamais aucun rapprochement entre Sephora et Chevalier n’aurait le droit de se réaliser ?
Que le seul moyen qu’ils avaient de se retrouver n'était que de frustrants messagers?
Que dans le cas contraire la moindre de leur rencontre serait: surveillée, épiée, discussion d’état aux conséquences dramatiques ?
Que cet avertissement permit à Damoiselle Sephora pour se protéger de décider de ne pas s’approcher des terres de Chevalier, et que c’est pour cela que jamais il ne la revit ?
- Certes Messire mais il y a autre choses aussi.
- Que peut il y avoir que je ne connaisse pas Troubadour ?!
- Messire, la légende ne peut conter ce qui a été ignoré de tous,
pourtant il est un fait indéniable qui n'a pas été cité.
-Tu as l'air de savoir quelque chose que j'ignore.
Faut-il que je te promette le couvert et le gîte ce soir pour que tu contes ce que
j'ignore encore ?
- Nom Messire il n'est pas besoin que vous promettiez. Je suis de passage sur vos terres,
votre hospitalité me suffit.
Je suis descendant de la famille du page de Chevalier Messire.
Ce que la légende ne peut raconter, c'est ce que mon ancêtre et ses descendants, de pères en fils se sont transmis sur cette histoire.
- Alors Troubadour, toi..., et ce cheval devant le château...?
Que peux tu me dire qui ne soit pas sous le sceau du secret ?
- Sans trahir qui que ce soit Messire, je peux vous dire ceci:
Tout d'abord, lorsque le page de Chevalier s'est présenté à Damoiselle Sephora
pour l'avertir de l'éventuelle noirceur de son avenir, cela n'a jamais été une demande
de Chevalier. Non! c'était une initiative personnelle du page qui souhaitait préserver
la paix de la raison entre Damoiselle Sephora et Chevalier.
Mais à cette époque il ignorait le secret de son maître.
Il ignorait que depuis longtemps Chevalier s'était épris de Damoiselle Sephora,
Et comment celui-ci dans le secret de tous, mettait ses sorties à profits pour
l'approcher, la voir sans être remarqué et sans laisser paraître ce qu'il éprouvait
pour Damoiselle des terres Dhamhour.
Il ignorait la puissance du lien qui liait Chevalier à Damoiselle Sephora.
Ce lien que Chevalier avait découvert dés son arrivée dans les terres de son père,
depuis ce jour où il a pour la première fois, croisé le regard de Damoiselle Sephora.
Le page ne savait pas non plus que Chevalier avait pu entretenir avec elle des liens qui, le temps passant, ont pris l'ampleur que son coeur souhaitait, mais que la raison des seigneurs interdisait.
Dans le secret et l'ignorance de tous il parvinrent à se retrouver, unis en pensées,
puis un jour vint le contact physique qui les unit pour la vie et au-delà.
-Troubadour que signifie cela ?
-Messire, ce jour où dans leur corps ils se sont unis, ils se sont promis de toujours se retrouver, que quelques soient les distances et le temps qui les sépareraient, leurs Ames resteraient unies.
C'est pour cela messire que vos campagne bruissent du battement des tambours que l'on agite dans vos villages. C'est de cela que tous parlent à la veillée.
Cette colombe qui est entrée au château de Chevalier serait celle de la légende, celle qui marque le retour de leur retrouvailles.
-Troubadour ton histoire doit plaire aux femmes effectivement. Je ne parviens pas à croire que cela puisse exister, ce n'est qu'un conte....
Toute fois si les mystères de la vie donnaient raison à ton histoire les conséquences en seraient incalculables. Je ne peux prendre ce risque d'attendre pour constater si ce n'est qu'une histoire ou si la réalité lui donnera raison, et dans ce cas sur mes contrées d'en subir les retombées.
-Messire que voulez vous dire?
-Que l'on envoie mes troupes sur les terres de Chevalier et que soit détruit tout ce qui de loin ou de prés peut rappeler son existence.
-Messire vous ne pouvez empêcher cette histoire de vivre et de se réaliser car tel était la volonté de l'enchantement qui a uni ces deux Ames.
-Quant à toi Troubadour et tout ceux de ta famille, êtes bannis de ces contrées et il vous est désormais interdit de parler de ce récit.
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An 2000 fin juin.
An 2000 il était une fois l’avenir du passé.
Après ce déménagement forcé, après la découverte de sa nouvelle entreprise, Geoffrey avait fini par trouver une certain confort dans sa nouvelle situation.
Certes il avait dû avec femme et enfants, abandonner se région natale, sa famille, mais il n’en était pas à cela prés.
Son histoire, sa vie et celle de sa famille était un perpétuel déracinement, dans le ressenti de l’étranger qu’il paraissait être aux yeux de l’entourage dans lequel il avait grandi, s’était construit, voilà plus de quarante ans maintenant.
Ce jour là traversant le couloir des bureaux, il s’est courtoisement effacé dans l’encadrement d’une porte pour laisser passer un groupe de femmes.
Sans leur prêter plus d’attention qu’à d’autres il venait soudainement d’être figé par un des regards qu’il venait de croiser.
Figé par ce qui pour la deuxième fois de sa vie, retentissait soudainement en lui.
Cette fois encore, il venait d’être secoué par la vibration du gong, qui au plus profond de son être venait à nouveau de retentir.
Il vibrait de l’ouverture des portes de son cœur qui dans ce regard croisé, faisait surgir de ses profondeurs une force qu’il avait jugulé voilà bien des années.
Geoffrey ne le savait pas, mais la vie venait de le conduire ce jour là aussi, sur une étape obligée du livre de son destin.
Toute la journée et jusqu’à ce que le sommeil l’emporte l’intensité de la vibration ressentie avait taraudé son esprit, et surtout son cœur.
Aussi étrange que cela puisse paraître et tout en sachant pertinemment qu’il ne l’avait jamais vue auparavant, ce regard croisé dans la journée ne lui était pas étranger.
Et pour trop bien en connaître les symptômes, il savait que ces yeux là venaient d’ouvrir en lui, la source de ses sentiments.
Il s’était renseigné dés le lendemain. Ce regard croisé appartenait à un personnel de la direction. Elena, était son prénom.
Geoffrey savait qu’il serait de par son travail, amené à la côtoyer parfois, et que malgré cette étrange mais inévitable attirance, il lui faudrait s’en tenir aussi distant que possible.
Aussi distant que possible car, il le sentait, son coeur s'était élancé sans prévenir, sur un chemin sans fin et hors contrôle de toutes raisons.
Aussi distant que possible car envahi comme il venait de l’être par cet élan, il ne pourrait pas interrompre ce qu'il ressentait. Au mieux, le juguler, voir l’enfermer sous une couche de décisions qu’il lui faudrait fermement tenir, mais sans avoir vraiment le moyen de le stopper.
Le parallèle avec un événement similaire était impossible à éviter. C’était la deuxième fois que Geoffrey subissait ainsi l’assaut de son cœur.
La première remontait à presque vingt cinq ans.
Similaire dans la façon dont il s’est imposé à lui : là aussi son cœur avait jailli comme un diable de sa boite pour tenter de s’accrocher à celui d’une fille.
Similaire dans ce que ce visage avait de particulier. Il ne pouvait définir cette particularité, mais il avait immédiatement été frappé par la ressemblance avec celui ce cette première forte histoire qui l’avait marqué.
Elena n’était pas du genre affiche de mode ou poupée barbie, et sans être forcément plus belle que bien d’autres, elle avait en elle quelque chose de sympathiquement charmeur qui immanquablement ne laissait pas les garçons indifférents.
Pourtant Geoffrey était loin de toutes ces considérations, lui qui regardait rarement les filles par leur physique, mais au travers de leurs yeux.
Et justement dans ce visage, dans ces yeux, Geoffrey en dehors de la beauté qu’il y voyait, sentait confusément que quelque chose de fort en émanait, pour aller résonner dans les profondeurs de son âme et l’émouvoir à chaque fois qu’il les croisait.
Les jours qui ont suivi, furent pour Geoffrey un lent réveil de conscience. Il sentait parfaitement ce qui en lui prenait place, ce qui se développait et risquait de lui chambouler sa vie actuelle.
Il savait que désormais sur son lieu de travail une bombe de sentiments pouvait à tout moment faire exploser son coeur.
La parade, la seule protection valable dont il pouvait s'armer, il la connaissait:
tenir ses distances, ne pas crée de liens amicaux avec Elena.
Pour cela il le savait, il lui faudrait couvrir son coeur d'une armure sans faille, et tenir les armes du combat entre les émotions de ses sentiments et la raison qui lui dictait toute prudence.
Sa décision a été rapide et sans appel, il a construit la muraille d’un bastion de raison autour de son cœur, s’est enfermé dans la certitude qu’il possédait tout ce dont il pouvait rêver, et qu’il n’avait nul besoin de se laisser tenter par ce que son cœur pouvait lui dicter. Il s’est imposé d’en dompter le rugissement.
Les jours, les années sont passées. Geoffrey à contenu sans faillir ses élans , parvenant à presque les ignorer, en bataillant sans cesse sous l’étendard de la raison.
Un jour dans cette lutte secrète lui est remonté le souvenir de sa grand mère qui lui disait alors qu’il avait tout juste huit ans :
« Geoffrey mon petit, dans ta vie tu devras toujours écouter ce que ton cœur te dit. Il est la seule vérité. Il te mènera sur l’histoire de notre famille et peut être seras tu celui qui en ouvrira les portes.
- De quoi me parles-tu ? de qu’elle histoire s’agit-il ? »
Combien de fois à cette question sa grand-mère décédée depuis longtemps maintenant, lui avait répondu: " Le moment venu tu sauras."
Le moment venu n'est jamais arrivé. Enfin..., lui semblait-il.
Pourtant depuis qu'il avait croisé Elena, que lui disait son coeur ?
Chaque jour au travail il le sentait, comme un étalon attaché dans son enclos cherchant à trouver la liberté qui le conduirait jusqu’à Elle.
Chaque jour il s'assurait et se convainquait que ces élans d'adolescent n'avaient rien à faire dans son coeur d'homme qu'il avait déjà donné pour la vie à une autre.
Mais cette relance permanente des sentiments qu'il éprouvait pour Elena le secouait un peu plus maintenant. le secouait d'autant plus que les années aidant, il en était venu à mieux la connaître, mieux l'apprécier, même si la relation qu'il entretenait avec elle n'allait pas au delà d'une relation de collègues qui se voient épisodiquement, au détour d'un couloir ou dans la salle de repos, limitée à "un bonjour ça va?"
Plus le temps passait, plus il lui fallait renforcer ses défenses face aux sentiments qui l'habitaient.
Il avait suffisamment de force de caractère pour faire face à ce défi de la vie, et tant que sa volonté tiendra ses défenses seront inébranlables.
La cohabitation entre son coeur et sa raison n'est malgré tout pas une chose simple à vivre.
Avoir le coeur qui s'emballe chaque fois qu'il la voit ou l'entend, maitriser les pensées que ses sentiments font naître, est une bataille intérieure de chaque jour.
Heureusement sa vie de couple, sa vie de famille est depuis toujours au beau fixe, avec ses hauts et ses bas bien sûr, mais dans l'ensemble une réussite, qu'il compare d'ailleurs souvent à un travail bien fait.
Deux faits cette année là ont marqué le tournant de sa vie.
Le premier, son passage à la préfecture lors du renouvellement de son passeport. Le préposé au guichet, curieux s'était enquis de l'origine de son nom.
"Monsieur Kalonhegiezh, vous êtes d'origine Bretonne, du moins votre nom.
-Désolé, je ne sais vraiment pas, ma famille vient d'Afrique du nord.
-Peut-être, mais ce nom est bien d'origine Bretonne. J'ai participé à quelques chantiers archéologiques dans la région, et je crois avoir bien retenu les quelques leçons sur l'histoire Celtes que j'ai eu la chance de suivre. Moi même Breton, je reconnais dans votre mot la racine de deux autres."
Geofrrey ne s'était jamais interrogé ni sur la généalogie de sa famille, ni sur la signification de son nom, mais ce jour là le préposé avait éveillé sa curiosité, ainsi que le souvenir de ce que sa grand mère avait pu lui raconter.
"Tu sais mon petit, avant que nous ne soyons en Afrique, nos ancêtre vivaient en France.
Personne ne sait plus où exactement, mais une chose est sûre, c'est qu'un jour nous avons du quitté ce pays, comme les évènements de 1960 nous ont poussés à quitter le Maroc pour revenir en France."
Au préposé qui consultait un dictionnaire de langue Bretonne, il fit savoir qu'il était intéressé de connaitre ce qu'il déduisait de ce nom.
Aprés avoir attendu quelques instants, après deux vérifications le fonctionnaire lui répond:
"Monsieur je ne me suis pas trompé. Voyez-vous votre nom de famille est composé de deux racines: Kalon et hegiezh.
Kalon à pour signification coeur, âme, et hegiezh, cheval, cavalerie.
Si l'on rassemble les deux tel que pour votre nom, nous obtenons quelque chose comme coeur de cheval ou âme de cavalerie, ou encore coeur de chevalier."
Captivé et étonné par ce qu'il vient d'apprendre, après en avoir remercié ce curieux personnage, Geoffrey se sent attiré par ce coté culturel de son nom.
Sommes toutes il n'est pas banal et ce qu'il en a découvert est digne de curiosité pour une famille qui vient du Maroc; découvrir que la racine de son nom à une origine celtique peut être encore courant, mais sa signification lui paraît plus rare: âme ce cavalerie, ou coeur de chevalier.
Geoffrey ne connaît rien à la généalogie, mais il pense qu'il va s'intéresser à cette science.
C'était là le premier fait annonciateur d'un prise de conscience.
Pourtant, à peine quelques semaines plus tard, lors d'une visite d'un château, un deuxième évènement allait marquer au plus fort cette prise de conscience.
Se rendant au cours d'une randonnée dans un village où une forteresse médiévale était bien conservée, Geoffrey pris plaisir à en faire la visite. Aussi loin qu'il s'en souvienne, en l'occurrence dès l'école primaire en voyant des images de châteaux, Geoffrey avait toujours eu une attirance pour ses vieilles pierres.
Ici aussi. Cette bâtisse était extraordinairement bien conservée. Un couple de personnes âgées en était à la fois guide pour les visites, gardien et chargé de son entretien.
Ce que Geoffrey aurait pu remarquer lorsqu'il a réglé le montant de la visite, c'est le changement de tête produit sur le gardien caissier, lorsque celui-ci lut son nom sur le chèque qu'il venait de lui tendre. Mais déjà concentré sur ce que ses yeux découvrait de ces lieux, Geoffrey n'avait rien vu.
La visite s'est déroulée comme tant d'autres dans ce genre de lieux au patrimoine pillé et dispersé; sans grande surprise. Mais ce qu'appréciait Geoffrey avant tout, c'était pouvoir s'attarder dans les pièces, en respirer l'atmosphère, laissant glisser sa main sur les pierres comme pour en capter leur histoire, écoutant le silence des lieux résonner en lui, cherchant....
En fait il ne savait pas trop ce qu'il cherchait, mais ce qu'il ressentait c'est que ces vieilles pierres faisaient vibrer quelque chose d'agréable en lui.
Une visite comme tant d'autres, intéressante, avec peut-être cette particularité de lui avoir fait apprécier ces vieux murs d'une façon...différente.
En quittant les lieux avant de le saluer, le gardien lui glisse à l'oreille:
"Dans trois semaines, nous exposons certaines reliques d'époques, nous serions heureux de vous avoir à cette visite privée."
Etonné, mais non moins curieux, Geoffrey accepte avec plaisir ce rendez-vous.
Pris dans le rythme que lui impose son quotidien entre travail et maison, il a un peu oublié la révélation de l'étymologie de son patronyme.
Puis il reçoit ce courrier qui lui rappel l'invitation au château où il ne manque pas de se rendre le jour venu.
L'étrangeté de cette visite privée le saisit dés son arrivée. Il lui semble même s'être trompé de jour en constatant qu'il était pratiquement le seul à l'heure du rendez-vous, le parking du château est vide, et c'est un jour de fermeture des visites publiques.
Lorsqu'après avoir sonné le gardien vient lui ouvrir, le grand sourire qu'il lit sur son visage le rassure. Deux autres personnes sont présentes dans la pièce où on le conduit pour un coktail de bienvenue: la femme du gardien et un homme qu'on lui présente; Monsieur Troubad.
Ce nom le fait intérieurement sourire car il lui fait penser à Troubadour, et en lui même il associe d'une façon assez naturelle âme de cavalerie et troubadour. Il trouve même rigolo de penser à cela en étant dans un château dont l'époque correspond à cette association.
"Monsieur, lui explique le gardien, cette réception toute particulière est comme vous le voyez, vraiment privée. Elle a lieu à chaque fois qu'elle nous semble nécessaire, et son but est précis.
Vous devez certainement vous demander pourquoi pour vous, mais je ne vous en dirai pas plus avant la fin de la visite que vous allez faire.
Monsieur Troubad vous accompagnera, il est historien et pourra répondre à vos questions éventuelles. La différence avec votre premier passage au château est la découverte d'une pièce privée et d'objets d'époque que le grand public ne voit pas.
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