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Nom du blog :
coeurdechevalier
Description du blog :
Le coeur d'un homme quand cohabitent l'Amour, la foi en la vie, l'amitié, l'honneur et le sacrifice.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
27.06.2008
Dernière mise à jour :
24.05.2009

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An 2009

An 2009 au sable du désert.

Publié le 27/01/2009 à 12:00 par coeurdechevalier
.

D'une histoire de son passé.


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Au désert de son coeur


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Eternellement empreint des rives de son visage.



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Il s'abandonne au destin.


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--

Sur de lointains rivages

Publié le 21/04/2009 à 12:00 par coeurdechevalier
Au delà d'un rêve.




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La nuit allait tomber sur cette zone de la vallée du Draa, le soleil qui sur l'horizon se couchait, donnait aux dunes en cet instant de la journée, leur couleur si particulière.

Sous son boubou et son chèche noir, la peau cuivrée par les attaques du soleil et des vents de sables, perdu dans ses pensées, les yeux vers un horizon que nul autre que lui pouvait voir, il avançait au rythme du dromadaire qui le portait.
L'heure du bivouac était arrivée, et demain matin il sera parvenu à destination.

Le dromadaire couché le protégeait de la légère brise; une couverture au sol et une autre tendue entre deux piquets et la selle de l'animal, suffisaient pour qu'il passe la nuit relativement bien abrité.

Le feu qu'il alimentait avec parcimonie, chauffait l'eau du thé qui sera ce soir comme souvent, à la fois son repas et sa boisson.
Au loin les premières étoiles piquaient déjà le ciel, et le froid qui commençait à se faire sentir réveillait des brûlures pas tout à fait cicatrisées.

Le sommeil sera plus fort que lui, mais là aussi comme chaque nuit depuis qu'il était revenu à la vie, dés que cessait son activité il ne pouvait empêcher son esprit tourmenté de s'évader vers un autre lieu, vers un pays que pour elle il avait délibérément quitté.

De l'autre côté de la méditerranée, quelque part en France il avait laissé une partie de lui, si ce n'est l'essentiel.
Comme une histoire inachevée dans laquelle la vie serait brutalement intervenue, il lui a fallu s'amputer des liens que malgré lui son coeur avait tissés dans un amour secret.

Depuis ce jour et malgré lui là encore, son coeur ne cessait de lui rappeler qu'il battait encore et toujours pour elle.
La nuit même, alors que le sommeil le gagnait, ce coeur rebelle d'Aimer ne cessait au delà de toutes raisons, fugueur, de s'évader pour franchir la mer et tenter de la retrouver.
Et à chaque fois dans ces instants, avant que la fatigue ne l'emporte, ses sens endormis voyaient, mirage de la nuit, apparaître sa silhouette ou son visage.

Le cri sourd de son coeur n'avait rien à envier à celui du fennec qui au fond de la nuit lançait son appel à la lune.



De l'autre côté de la méditerranée, au même instant encore dans son jardin après avoir ramassé le linge qui avait séché, la femme qui venait d'entendre passer une moto dans sa rue s'était un instant figée, tendue, le coeur battant en écoutant le bruit de moteur s'éloigner.

A la fois rassurée de ne rien voir surgir mais aussi un peu déçue, le regard posé sur la lune qui éclairait cette nuit étoilée, ses pensées étaient une fois encore, à se demander ce qu'il avait pu devenir.
C'était une histoire passée qu'elle avait fini par non pas oublier, mais complètement isoler de sa vie. Un vieux souvenir que l'on range, comme une photo que l'on a parfois de la peine à regarder, elle fait partie de sa vie mais elle n'est plus sa vie.

Durant ces deux années, elle s'est consacrée avec réussite, au bonheur de sa famille. Il avait eu raison, il suffit parfois de peu pour que change une situation, et ce que l'on sait donner nous revient en juste retour. Sa vie, son foyer était donc conforme à ce qu'elle en avait espéré.
.




Vidéo Youtube





Il arrive pourtant qu'en bougeant des livres, tombe la photo si bien rangée comme un vieux souvenir, et qu'à nouveau le regard passe dessus, s'y pose et finisse par s'y attarder.

Chez des voisins, un chien hurlait à la mort.
Les yeux toujours posés sur la lune, elle ne pouvait s'empêcher de penser au chèche blanc qui était resté au même endroit depuis qu'elle l'avait rangé. Elle sentait ce soir plus particulièrement, une envie de le sortir de sa pile de linge, une envie de retrouver son odeur. A chaque fois qu'elle pensait à lui, elle ne pouvait l'ignorer, les battements de son coeur s'accéléraient.
Est-ce cette moto qui l'a perturbé ? est-ce cette lune si forte ce soir ? Avant de s'endormir elle sait que ses pensées pour la première fois depuis longtemps restent dirigées vers lui, elle espère même le retrouver dans ses songes et se promet que demain elle sortira de la pile de linge son secret.


Elle sait que quelque chose dans sa vie ne sonne pas juste, mais elle ne parvient pas à définir où.
A chaque fois qu'elle pense être satisfaite de sa vie, la réalité de son absence, le manque de lui, remontent en elle.


Vallée du Draa.
La nuit l'avait enveloppé de son manteau, laissant son sommeil agité l'emmener comme presque toutes les nuits sur le chemin d'une vie qu'il avait presque perdue.
Certes il était ressorti sans gravité de cet accident, mais pire que les blessures physiques était la blessure qu'il s'était lui même infligé: abandonner celle qu'il aimait, mutilant, contraignant son coeur à ne plus jamais battre pour elle. Si les occupations de sa journée parvenaient à en étouffer sa révolte, dans son sommeil, ce coeur libéré se jouait de ce qu'il lui avait imposé.
Ce jeu de cache cache entre sa raison et son coeur finissait au bout du compte par assécher sa raison de vivre, comme l'oued de la plaine.
Il avait toujours belle allure avec dans le regard la fierté et la force du sacrifice accompli et avec son habituelle décontraction que venait parfois compléter son sourire, mais l'essence même de la vie, petit à petit s'échappait de lui.

Une vie qu'il acceptait de perdre pour ne pas en empoisonner une autre.

Bien sûr, entre les femmes de la région qui le désiraient comme époux et entre les touristes qui espéraient en lui des nuits d'exotismes, il aurait pu donner à son coeur d'autres raisons d'exister. Mais voilà! il n'était pas ce genre d'homme à femmes, ou à noyer un chagrin dans n'importe quoi et par dépit.
Même si au long de ses deux années on l'avait souvent traité de ridicule ou d'homme d'un temps dépassé, il restait celui qu'il a toujours été, un coeur posé sur la vie.
Et tant que son coeur donnait la direction, il le suivait et continuerai de le suivre.

Pourtant ici, loin d'elle, il se demandait combien de temps encore il allait pouvoir survivre, car comme un plante sans eau, son coeur sans elle et seulement alimenté par des souvenirs, finirait par cesser de battre.

Il avait repris sa route avant même les premières lueur de l'aube.
Il était attendu au prochain village de nomades. Depuis son arrivée dans ce pays il avait pris l'habitude de se déplacer de village en campement pour apprendre le français aux enfants et à tout ceux qui le souhaitaient.

Depuis ce temps là les communautés qu'il visitait l'avaient surnommé, professeur dans leur langue.

Comme à chaque fois qu'il arrivait, hommes femmes et enfants fêtaient sa venue; on l'aidait à s'installer dans la demeure ou sous la tente qui servait d'école.

Et ce jour là malgré la fête préparée en son honneur, c'est un véritable drame qu'il vécut.
Comme partout, on déchargeait son dromadaire, et cette fois alors que les enfants portaient comme un honneur ses affaires dans la tente où il demeurerait, un de ses sacs est tombé sans que nul ne s'en aperçoive.

Ce n'est qu'après l'accueil traditionnel autour du thé qu'il s'est rendu compte de l'absence de ce sac.
Lorsqu'il est reparti le chercher, ce fut pour constater qu'une chèvre en avait fait pour une part, son déjeuner.
Bon public, il aurait là aussi trouvé la situation drôle car ce sac n'avait pas grande valeur, pourtant une de ses poches contenait ce qu'il avait de plus précieux.




Vallée du Draa.
Un 4x4 était arrivé au village, mais il repartait déjà laissant derrière lui un nuage de sable.
Son occupant avait demandé à rencontrer Ousstaz.
Apprenant que celui-ci était déjà parti voilà déjà quelques jours, plus tôt que prévu et sans que l'on sache où, il avait laissé pour lui au chef de village ce simple message:
"Si tu le revois dis lui qu'il y a trois jours une colombe messagère est arrivée; Il comprendra."

Le conducteur du 4X4 était depuis tout ces mois l'ami fidèle, il connaissait en partie son histoire, mais pas complètement, et aujourd'hui il savait que contrairement à son habitude il était parti sans prévenir de sa prochaine destination, avec le poids de la peine dans le coeur.
Il était arrivé trop tard pour lui annoncer que ce qu'il espérait depuis toujours venait de se réaliser. Comme il l'avait si souvent dit lui même: "un jour, si un courriel parvient à cette adresse que tu veilles pou moi, c'est que comme pour les jardins irrigués de cette vallée, quelque part les écluses de l'Amour se seront de nouveau ouvertes pour venir arroser la vallée asséchée de mon coeur".




Son avion avait dû atterrir. Il allait peut-être la retrouver. Après avoir tant rêvé d'elle après cette séparation qu'il s'était imposé, après l'avoir tant imaginée dans sa vie de tous les jours, après le coeur déchiré, avoir cru perdre le dernier souvenir d'elle, voilà que d'ici quelques jours quelques heures ils allaient se revoir.
Son coeur battait déjà très fort rien que de penser que quelques kilomètres seulement les séparaient, battait très fort aussi car il lui avait dans son dernier message au risque de la voir de nouveau s'éloigner, transmis une ultime recommandation:


L'Amour, la tendresse, l'attention, sont des facteurs important dans une vie à deux, ils en sont même l'essence car aucun couple n'existe vraiment sans cela.
Mais es tu vraiment prête à prendre le risque de perdre ce pour quoi tu as vécu jusqu'à maintenant ?
Es tu certaine que ce que l'on peut se donner l'un à l'autre, compensera le choc psychologique de ce que tu peux perdre ?
Auras tu la force de l'assumer, même avec moi à tes côtés ? "

Ultime recommandation qui il le savait, pouvait l'amener une fois encore à réagir et décider de ne pas le revoir.

Il aurait pu se trouver à Marrakech à son arrivée, mais il a préféré l'attendre ici, être jusqu'au dernier moment certain qu'elle n'aura pas renoncé à cette rencontre, et si elle n'a pas changé d'avis, Bouchra la conduira jusque là demain lors d'un raid programmé.

Il essayait d'imaginer comment elle était.
Toujours aussi lumineuse, toujours aussi rayonnante ? Il l'avait toujours trouvé belle, cela en était devenu en leur temps, un sujet de plaisanterie, elle qui se complexait de son physique.
Pourtant en plus, elle était belle au delà de son physique. Et la dernière image qu'il en avait, était son visage rayonnant quelques instants avant qu'il ne la quitte.

Heureux au possible de ces retrouvailles qui allaient se produire demain, il n'en était pas moins inquiet.
Inquiet de ce que cela allait engendrer pour leur avenir à tous les deux.



Comment allait-il supporter son retour. Aurait-il un coeur de nouveau assez fort pour admettre de ne plus la revoir ? Oui certainement ! même s'il en aura mal de nouveau, il savait qu'il ferait toujours abstraction de ses envies pour lui permettre encore si il le faut, de la protéger de lui.

Il l'Aimait toujours, et donc était également prêt au sacrifice de son bonheur pour le sien.