Publié le 02/09/2008 à 12:00 par coeurdechevalier
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Le temps glisse sans discontinuité.
Le temps passe et laisse venir l'automne
Des jours qui s'ajoutent aux jours,
Comme les feuilles de l'arbre qui, aux feuilles,
S'ajoutent pour recouvrir le sol.
Cette tempête qui souffle en moi, balaye tout,
Et ne permettra à aucune feuille du temps de s'accumuler.
Cette tempête qui souffle en moi est aussi celle de mes peurs,
Peur de n'avoir plus que le souvenir de tout ce qu'elle est,
Peur de n'avoir plus que le souvenir de ses yeux.
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Publié le 02/09/2008 à 12:00 par coeurdechevalier
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Sur la trajectoire d'un trait que jamais je n'aurai évité.
Une lutte s'est engagée, contre moi,
Contre la vie qui a ses raisons..
Et c'est bien connu,
Le coeur a des raisons que la raison ignore.
Je suis là pour elle,
Mais je dois me tenir loin d'elle.
C'est pour elle que je respire,
Mais aussi pour elle que je dois partir.
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Publié le 04/09/2008 à 12:00 par coeurdechevalier
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Derrière chaque tenture se cache la porte,
D'un chemin inconnu.
Derrière chaque masque se cache un secret,
Se cache la profondeur d'un regard brûlant,
Dans les battements d'un coeur pour une âme soeur.
Publié le 06/11/2008 à 12:00 par coeurdechevalier
Derrière les barreaux de ses sentiments,
Les mains crispées sur ce qu'il ne doit
Ni toucher, ni envoyer, ni laisser paraître.
Vivre et laisser s'élever ce qui est en soi,
Ou le taire pour l'aider à mieux mourir.
Se battre toujours et encore,
Contre soi, pour elle, pour lui,
Tenir, sans lâcher ce qui ne doit être.
Devoir pour mieux y parvenir,
Etouffer un coeur.
Publié le 12/11/2008 à 12:00 par coeurdechevalier
Dans l'absence de ta présence,
La nuit tombe autour de moi,
Je ne vois plus où me guident mes pas.
Dans ce noir qui m'entoure, je trébuche
Et accroche tout ce qui est un peu de toi.
Dans l'absence de ta présence,
A chaque occasion où mes sens
Perçoivent un peu de toi,
C'est l'émotion indomptée
Qui me saute à la gorge.
Alors je tends la main de mon coeur,
Te cherche encore plus,
Hésitant à t'appeler pour te trouver un peu.
Ce peu de toi, dont la lumière du sourire
Eclaire le sombre qui un instant m'a envahi.
Publié le 10/01/2009 à 12:00 par coeurdechevalier
Ne donner que le meilleur de nous pour le bonheur de l'autre.
Publié le 11/01/2009 à 12:00 par coeurdechevalier
Dans la course que je mène contre moi même,
Sur le chemin de nos vies j'ai pu tenir un instant ta main.
Sur ce chemin où quelques temps s'unissent nos destins,
Dans la fuite de nos lendemains incertains,
Mon coeur se lie au tien
Dans le ciment de nos sentiments.
Publié le 19/01/2009 à 12:00 par coeurdechevalier
An 2000 il était une fois l’avenir du passé.
Après ce déménagement forcé, après la découverte de sa nouvelle entreprise, Geoffrey avait fini par trouver une certain confort dans sa nouvelle situation.
Certes il avait dû avec femme et enfants, abandonner se région natale, sa famille, mais il n’en était pas à cela prés.
Son histoire, sa vie et celle de sa famille était un perpétuel déracinement, dans le ressenti de l’étranger qu’il paraissait être aux yeux de l’entourage dans lequel il avait grandi, s’était construit, voilà plus de quarante ans maintenant.
Ce jour là traversant le couloir des bureaux, il s’est courtoisement effacé dans l’encadrement d’une porte pour laisser passer un groupe de femmes.
Sans leur prêter plus d’attention qu’à d’autres il venait soudainement d’être figé par un des regards qu’il venait de croiser.
Figé par ce qui pour la deuxième fois de sa vie, retentissait soudainement en lui.
Cette fois encore, il venait d’être secoué par la vibration du gong, qui au plus profond de son être venait à nouveau de retentir.
Il vibrait de l’ouverture des portes de son cœur qui dans ce regard croisé, faisait surgir de ses profondeurs une force qu’il avait jugulé voilà bien des années.
Geoffrey ne le savait pas, mais la vie venait de le conduire ce jour là aussi, sur une étape obligée du livre de son destin.
Toute la journée et jusqu’à ce que le sommeil l’emporte l’intensité de la vibration ressentie avait taraudé son esprit, et surtout son cœur.
Aussi étrange que cela puisse paraître et tout en sachant pertinemment qu’il ne l’avait jamais vue auparavant, ce regard croisé dans la journée ne lui était pas étranger.
Et pour trop bien en connaître les symptômes, il savait que ces yeux là venaient d’ouvrir en lui, la source de ses sentiments.
Il s’était renseigné dés le lendemain. Ce regard croisé appartenait à un personnel de la direction. Elena, était son prénom.
Geoffrey savait qu’il serait de par son travail, amené à la côtoyer parfois, et que malgré cette étrange mais inévitable attirance, il lui faudrait s’en tenir aussi distant que possible.
Aussi distant que possible car, il le sentait, son coeur s'était élancé sans prévenir, sur un chemin sans fin et hors contrôle de toutes raisons.
Aussi distant que possible car envahi comme il venait de l’être par cet élan, il ne pourrait pas interrompre ce qu'il ressentait. Au mieux, le juguler, voir l’enfermer sous une couche de décisions qu’il lui faudrait fermement tenir, mais sans avoir vraiment le moyen de le stopper.
Le parallèle avec un événement similaire était impossible à éviter. C’était la deuxième fois que Geoffrey subissait ainsi l’assaut de son cœur.
La première remontait à presque vingt cinq ans.
Similaire dans la façon dont il s’est imposé à lui : là aussi son cœur avait jailli comme un diable de sa boite pour tenter de s’accrocher à celui d’une fille.
Similaire dans ce que ce visage avait de particulier. Il ne pouvait définir cette particularité, mais il avait immédiatement été frappé par la ressemblance avec celui ce cette première forte histoire qui l’avait marqué.
Elena n’était pas du genre affiche de mode ou poupée barbie, et sans être forcément plus belle que bien d’autres, elle avait en elle quelque chose de sympathiquement charmeur qui immanquablement ne laissait pas les garçons indifférents.
Pourtant Geoffrey était loin de toutes ces considérations, lui qui regardait rarement les filles par leur physique, mais au travers de leurs yeux.
Et justement dans ce visage, dans ces yeux, Geoffrey en dehors de la beauté qu’il y voyait, sentait confusément que quelque chose de fort en émanait, pour aller résonner dans les profondeurs de son âme et l’émouvoir à chaque fois qu’il les croisait.
Les jours qui ont suivi, furent pour Geoffrey un lent réveil de conscience. Il sentait parfaitement ce qui en lui prenait place, ce qui se développait et risquait de lui chambouler sa vie actuelle.
Il savait que désormais sur son lieu de travail une bombe de sentiments pouvait à tout moment faire exploser son coeur.
La parade, la seule protection valable dont il pouvait s'armer, il la connaissait:
tenir ses distances, ne pas crée de liens amicaux avec Elena.
Pour cela il le savait, il lui faudrait couvrir son coeur d'une armure sans faille, et tenir les armes du combat entre les émotions de ses sentiments et la raison qui lui dictait toute prudence.
Sa décision a été rapide et sans appel, il a construit la muraille d’un bastion de raison autour de son cœur, s’est enfermé dans la certitude qu’il possédait tout ce dont il pouvait rêver, et qu’il n’avait nul besoin de se laisser tenter par ce que son cœur pouvait lui dicter. Il s’est imposé d’en dompter le rugissement.
Les jours, les années sont passées. Geoffrey à contenu sans faillir ses élans , parvenant à presque les ignorer, en bataillant sans cesse sous l’étendard de la raison.
Un jour dans cette lutte secrète lui est remonté le souvenir de sa grand mère qui lui disait alors qu’il avait tout juste huit ans :
« Geoffrey mon petit, dans ta vie tu devras toujours écouter ce que ton cœur te dit. Il est la seule vérité. Il te mènera sur l’histoire de notre famille et peut être seras tu celui qui en ouvrira les portes.
- De quoi me parles-tu ? de qu’elle histoire s’agit-il ? »
Combien de fois à cette question sa grand-mère décédée depuis longtemps maintenant, lui avait répondu: " Le moment venu tu sauras."
Le moment venu n'est jamais arrivé. Enfin..., lui semblait-il.
Pourtant depuis qu'il avait croisé Elena, que lui disait son coeur ?
Chaque jour au travail il le sentait, comme un étalon attaché dans son enclos cherchant à trouver la liberté qui le conduirait jusqu’à Elle.
Chaque jour il s'assurait et se convainquait que ces élans d'adolescent n'avaient rien à faire dans son coeur d'homme qu'il avait déjà donné pour la vie à une autre.
Mais cette relance permanente des sentiments qu'il éprouvait pour Elena le secouait un peu plus maintenant. le secouait d'autant plus que les années aidant, il en était venu à mieux la connaître, mieux l'apprécier, même si la relation qu'il entretenait avec elle n'allait pas au delà d'une relation de collègues qui se voient épisodiquement, au détour d'un couloir ou dans la salle de repos, limitée à "un bonjour ça va?"
Plus le temps passait, plus il lui fallait renforcer ses défenses face aux sentiments qui l'habitaient.
Il avait suffisamment de force de caractère pour faire face à ce défi de la vie, et tant que sa volonté tiendra ses défenses seront inébranlables.
La cohabitation entre son coeur et sa raison n'est malgré tout pas une chose simple à vivre.
Avoir le coeur qui s'emballe chaque fois qu'il la voit ou l'entend, maitriser les pensées que ses sentiments font naître, est une bataille intérieure de chaque jour.
Heureusement sa vie de couple, sa vie de famille est depuis toujours au beau fixe, avec ses hauts et ses bas bien sûr, mais dans l'ensemble une réussite, qu'il compare d'ailleurs souvent à un travail bien fait.
Deux faits cette année là ont marqué le tournant de sa vie.
Le premier, son passage à la préfecture lors du renouvellement de son passeport. Le préposé au guichet, curieux s'était enquis de l'origine de son nom.
"Monsieur Kalonhegiezh, vous êtes d'origine Bretonne, du moins votre nom.
-Désolé, je ne sais vraiment pas, ma famille vient d'Afrique du nord.
-Peut-être, mais ce nom est bien d'origine Bretonne. J'ai participé à quelques chantiers archéologiques dans la région, et je crois avoir bien retenu les quelques leçons sur l'histoire Celtes que j'ai eu la chance de suivre. Moi même Breton, je reconnais dans votre mot la racine de deux autres."
Geofrrey ne s'était jamais interrogé ni sur la généalogie de sa famille, ni sur la signification de son nom, mais ce jour là le préposé avait éveillé sa curiosité, ainsi que le souvenir de ce que sa grand mère avait pu lui raconter.
"Tu sais mon petit, avant que nous ne soyons en Afrique, nos ancêtre vivaient en France.
Personne ne sait plus où exactement, mais une chose est sûre, c'est qu'un jour nous avons du quitté ce pays, comme les évènements de 1960 nous ont poussés à quitter le Maroc pour revenir en France."
Au préposé qui consultait un dictionnaire de langue Bretonne, il fit savoir qu'il était intéressé de connaitre ce qu'il déduisait de ce nom.
Aprés avoir attendu quelques instants, après deux vérifications le fonctionnaire lui répond:
"Monsieur je ne me suis pas trompé. Voyez-vous votre nom de famille est composé de deux racines: Kalon et hegiezh.
Kalon à pour signification coeur, âme, et hegiezh, cheval, cavalerie.
Si l'on rassemble les deux tel que pour votre nom, nous obtenons quelque chose comme coeur de cheval ou âme de cavalerie, ou encore coeur de chevalier."
Captivé et étonné par ce qu'il vient d'apprendre, après en avoir remercié ce curieux personnage, Geoffrey se sent attiré par ce coté culturel de son nom.
Sommes toutes il n'est pas banal et ce qu'il en a découvert est digne de curiosité pour une famille qui vient du Maroc; découvrir que la racine de son nom à une origine celtique peut être encore courant, mais sa signification lui paraît plus rare: âme ce cavalerie, ou coeur de chevalier.
Geoffrey ne connaît rien à la généalogie, mais il pense qu'il va s'intéresser à cette science.
C'était là le premier fait annonciateur d'un prise de conscience.
Pourtant, à peine quelques semaines plus tard, lors d'une visite d'un château, un deuxième évènement allait marquer au plus fort cette prise de conscience.
Se rendant au cours d'une randonnée dans un village où une forteresse médiévale était bien conservée, Geoffrey pris plaisir à en faire la visite. Aussi loin qu'il s'en souvienne, en l'occurrence dès l'école primaire en voyant des images de châteaux, Geoffrey avait toujours eu une attirance pour ses vieilles pierres.
Ici aussi. Cette bâtisse était extraordinairement bien conservée. Un couple de personnes âgées en était à la fois guide pour les visites, gardien et chargé de son entretien.
Ce que Geoffrey aurait pu remarquer lorsqu'il a réglé le montant de la visite, c'est le changement de tête produit sur le gardien caissier, lorsque celui-ci lut son nom sur le chèque qu'il venait de lui tendre. Mais déjà concentré sur ce que ses yeux découvrait de ces lieux, Geoffrey n'avait rien vu.
La visite s'est déroulée comme tant d'autres dans ce genre de lieux au patrimoine pillé et dispersé; sans grande surprise. Mais ce qu'appréciait Geoffrey avant tout, c'était pouvoir s'attarder dans les pièces, en respirer l'atmosphère, laissant glisser sa main sur les pierres comme pour en capter leur histoire, écoutant le silence des lieux résonner en lui, cherchant....
En fait il ne savait pas trop ce qu'il cherchait, mais ce qu'il ressentait c'est que ces vieilles pierres faisaient vibrer quelque chose d'agréable en lui.
Une visite comme tant d'autres, intéressante, avec peut-être cette particularité de lui avoir fait apprécier ces vieux murs d'une façon...différente.
En quittant les lieux avant de le saluer, le gardien lui glisse à l'oreille:
"Dans trois semaines, nous exposons certaines reliques d'époques, nous serions heureux de vous avoir à cette visite privée."
Etonné, mais non moins curieux, Geoffrey accepte avec plaisir ce rendez-vous.
Pris dans le rythme que lui impose son quotidien entre travail et maison, il a un peu oublié la révélation de l'étymologie de son patronyme.
Puis il reçoit ce courrier qui lui rappel l'invitation au château où il ne manque pas de se rendre le jour venu.
L'étrangeté de cette visite privée le saisit dés son arrivée. Il lui semble même s'être trompé de jour en constatant qu'il était pratiquement le seul à l'heure du rendez-vous, le parking du château est vide, et c'est un jour de fermeture des visites publiques.
Lorsqu'après avoir sonné le gardien vient lui ouvrir, le grand sourire qu'il lit sur son visage le rassure. Deux autres personnes sont présentes dans la pièce où on le conduit pour un coktail de bienvenue: la femme du gardien et un homme qu'on lui présente; Monsieur Troubad.
Ce nom le fait intérieurement sourire car il lui fait penser à Troubadour, et en lui même il associe d'une façon assez naturelle âme de cavalerie et troubadour. Il trouve même rigolo de penser à cela en étant dans un château dont l'époque correspond à cette association.
"Monsieur, lui explique le gardien, cette réception toute particulière est comme vous le voyez, vraiment privée. Elle a lieu à chaque fois qu'elle nous semble nécessaire, et son but est précis.
Vous devez certainement vous demander pourquoi pour vous, mais je ne vous en dirai pas plus avant la fin de la visite que vous allez faire.
Monsieur Troubad vous accompagnera, il est historien et pourra répondre à vos questions éventuelles. La différence avec votre premier passage au château est la découverte d'une pièce privée et d'objets d'époque que le grand public ne voit pas.
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Publié le 27/01/2009 à 12:00 par coeurdechevalier
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D'une histoire de son passé.
Au désert de son coeur
Eternellement empreint des rives de son visage.
Il s'abandonne au destin.
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par coeurdechevalier
Au delà d'un rêve.
La nuit allait tomber sur cette zone de la vallée du Draa, le soleil qui sur l'horizon se couchait, donnait aux dunes en cet instant de la journée, leur couleur si particulière.
Sous son boubou et son chèche noir, la peau cuivrée par les attaques du soleil et des vents de sables, perdu dans ses pensées, les yeux vers un horizon que nul autre que lui pouvait voir, il avançait au rythme du dromadaire qui le portait.
L'heure du bivouac était arrivée, et demain matin il sera parvenu à destination.
Le dromadaire couché le protégeait de la légère brise; une couverture au sol et une autre tendue entre deux piquets et la selle de l'animal, suffisaient pour qu'il passe la nuit relativement bien abrité.
Le feu qu'il alimentait avec parcimonie, chauffait l'eau du thé qui sera ce soir comme souvent, à la fois son repas et sa boisson.
Au loin les premières étoiles piquaient déjà le ciel, et le froid qui commençait à se faire sentir réveillait des brûlures pas tout à fait cicatrisées.
Le sommeil sera plus fort que lui, mais là aussi comme chaque nuit depuis qu'il était revenu à la vie, dés que cessait son activité il ne pouvait empêcher son esprit tourmenté de s'évader vers un autre lieu, vers un pays que pour elle il avait délibérément quitté.
De l'autre côté de la méditerranée, quelque part en France il avait laissé une partie de lui, si ce n'est l'essentiel.
Comme une histoire inachevée dans laquelle la vie serait brutalement intervenue, il lui a fallu s'amputer des liens que malgré lui son coeur avait tissés dans un amour secret.
Depuis ce jour et malgré lui là encore, son coeur ne cessait de lui rappeler qu'il battait encore et toujours pour elle.
La nuit même, alors que le sommeil le gagnait, ce coeur rebelle d'Aimer ne cessait au delà de toutes raisons, fugueur, de s'évader pour franchir la mer et tenter de la retrouver.
Et à chaque fois dans ces instants, avant que la fatigue ne l'emporte, ses sens endormis voyaient, mirage de la nuit, apparaître sa silhouette ou son visage.
Le cri sourd de son coeur n'avait rien à envier à celui du fennec qui au fond de la nuit lançait son appel à la lune.
De l'autre côté de la méditerranée, au même instant encore dans son jardin après avoir ramassé le linge qui avait séché, la femme qui venait d'entendre passer une moto dans sa rue s'était un instant figée, tendue, le coeur battant en écoutant le bruit de moteur s'éloigner.
A la fois rassurée de ne rien voir surgir mais aussi un peu déçue, le regard posé sur la lune qui éclairait cette nuit étoilée, ses pensées étaient une fois encore, à se demander ce qu'il avait pu devenir.
C'était une histoire passée qu'elle avait fini par non pas oublier, mais complètement isoler de sa vie. Un vieux souvenir que l'on range, comme une photo que l'on a parfois de la peine à regarder, elle fait partie de sa vie mais elle n'est plus sa vie.
Durant ces deux années, elle s'est consacrée avec réussite, au bonheur de sa famille. Il avait eu raison, il suffit parfois de peu pour que change une situation, et ce que l'on sait donner nous revient en juste retour. Sa vie, son foyer était donc conforme à ce qu'elle en avait espéré.
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Il arrive pourtant qu'en bougeant des livres, tombe la photo si bien rangée comme un vieux souvenir, et qu'à nouveau le regard passe dessus, s'y pose et finisse par s'y attarder.
Chez des voisins, un chien hurlait à la mort.
Les yeux toujours posés sur la lune, elle ne pouvait s'empêcher de penser au chèche blanc qui était resté au même endroit depuis qu'elle l'avait rangé. Elle sentait ce soir plus particulièrement, une envie de le sortir de sa pile de linge, une envie de retrouver son odeur. A chaque fois qu'elle pensait à lui, elle ne pouvait l'ignorer, les battements de son coeur s'accéléraient.
Est-ce cette moto qui l'a perturbé ? est-ce cette lune si forte ce soir ? Avant de s'endormir elle sait que ses pensées pour la première fois depuis longtemps restent dirigées vers lui, elle espère même le retrouver dans ses songes et se promet que demain elle sortira de la pile de linge son secret.
Elle sait que quelque chose dans sa vie ne sonne pas juste, mais elle ne parvient pas à définir où.
A chaque fois qu'elle pense être satisfaite de sa vie, la réalité de son absence, le manque de lui, remontent en elle.
Vallée du Draa.
La nuit l'avait enveloppé de son manteau, laissant son sommeil agité l'emmener comme presque toutes les nuits sur le chemin d'une vie qu'il avait presque perdue.
Certes il était ressorti sans gravité de cet accident, mais pire que les blessures physiques était la blessure qu'il s'était lui même infligé: abandonner celle qu'il aimait, mutilant, contraignant son coeur à ne plus jamais battre pour elle. Si les occupations de sa journée parvenaient à en étouffer sa révolte, dans son sommeil, ce coeur libéré se jouait de ce qu'il lui avait imposé.
Ce jeu de cache cache entre sa raison et son coeur finissait au bout du compte par assécher sa raison de vivre, comme l'oued de la plaine.
Il avait toujours belle allure avec dans le regard la fierté et la force du sacrifice accompli et avec son habituelle décontraction que venait parfois compléter son sourire, mais l'essence même de la vie, petit à petit s'échappait de lui.
Une vie qu'il acceptait de perdre pour ne pas en empoisonner une autre.
Bien sûr, entre les femmes de la région qui le désiraient comme époux et entre les touristes qui espéraient en lui des nuits d'exotismes, il aurait pu donner à son coeur d'autres raisons d'exister. Mais voilà! il n'était pas ce genre d'homme à femmes, ou à noyer un chagrin dans n'importe quoi et par dépit.
Même si au long de ses deux années on l'avait souvent traité de ridicule ou d'homme d'un temps dépassé, il restait celui qu'il a toujours été, un coeur posé sur la vie.
Et tant que son coeur donnait la direction, il le suivait et continuerai de le suivre.
Pourtant ici, loin d'elle, il se demandait combien de temps encore il allait pouvoir survivre, car comme un plante sans eau, son coeur sans elle et seulement alimenté par des souvenirs, finirait par cesser de battre.
Il avait repris sa route avant même les premières lueur de l'aube.
Il était attendu au prochain village de nomades. Depuis son arrivée dans ce pays il avait pris l'habitude de se déplacer de village en campement pour apprendre le français aux enfants et à tout ceux qui le souhaitaient.
Depuis ce temps là les communautés qu'il visitait l'avaient surnommé, professeur dans leur langue.
Comme à chaque fois qu'il arrivait, hommes femmes et enfants fêtaient sa venue; on l'aidait à s'installer dans la demeure ou sous la tente qui servait d'école.
Et ce jour là malgré la fête préparée en son honneur, c'est un véritable drame qu'il vécut.
Comme partout, on déchargeait son dromadaire, et cette fois alors que les enfants portaient comme un honneur ses affaires dans la tente où il demeurerait, un de ses sacs est tombé sans que nul ne s'en aperçoive.
Ce n'est qu'après l'accueil traditionnel autour du thé qu'il s'est rendu compte de l'absence de ce sac.
Lorsqu'il est reparti le chercher, ce fut pour constater qu'une chèvre en avait fait pour une part, son déjeuner.
Bon public, il aurait là aussi trouvé la situation drôle car ce sac n'avait pas grande valeur, pourtant une de ses poches contenait ce qu'il avait de plus précieux.
Vallée du Draa.
Un 4x4 était arrivé au village, mais il repartait déjà laissant derrière lui un nuage de sable.
Son occupant avait demandé à rencontrer Ousstaz.
Apprenant que celui-ci était déjà parti voilà déjà quelques jours, plus tôt que prévu et sans que l'on sache où, il avait laissé pour lui au chef de village ce simple message:
"Si tu le revois dis lui qu'il y a trois jours une colombe messagère est arrivée; Il comprendra."
Le conducteur du 4X4 était depuis tout ces mois l'ami fidèle, il connaissait en partie son histoire, mais pas complètement, et aujourd'hui il savait que contrairement à son habitude il était parti sans prévenir de sa prochaine destination, avec le poids de la peine dans le coeur.
Il était arrivé trop tard pour lui annoncer que ce qu'il espérait depuis toujours venait de se réaliser. Comme il l'avait si souvent dit lui même: "un jour, si un courriel parvient à cette adresse que tu veilles pou moi, c'est que comme pour les jardins irrigués de cette vallée, quelque part les écluses de l'Amour se seront de nouveau ouvertes pour venir arroser la vallée asséchée de mon coeur".
Son avion avait dû atterrir. Il allait peut-être la retrouver. Après avoir tant rêvé d'elle après cette séparation qu'il s'était imposé, après l'avoir tant imaginée dans sa vie de tous les jours, après le coeur déchiré, avoir cru perdre le dernier souvenir d'elle, voilà que d'ici quelques jours quelques heures ils allaient se revoir.
Son coeur battait déjà très fort rien que de penser que quelques kilomètres seulement les séparaient, battait très fort aussi car il lui avait dans son dernier message au risque de la voir de nouveau s'éloigner, transmis une ultime recommandation:
L'Amour, la tendresse, l'attention, sont des facteurs important dans une vie à deux, ils en sont même l'essence car aucun couple n'existe vraiment sans cela.
Mais es tu vraiment prête à prendre le risque de perdre ce pour quoi tu as vécu jusqu'à maintenant ?
Es tu certaine que ce que l'on peut se donner l'un à l'autre, compensera le choc psychologique de ce que tu peux perdre ?
Auras tu la force de l'assumer, même avec moi à tes côtés ? "
Ultime recommandation qui il le savait, pouvait l'amener une fois encore à réagir et décider de ne pas le revoir.
Il aurait pu se trouver à Marrakech à son arrivée, mais il a préféré l'attendre ici, être jusqu'au dernier moment certain qu'elle n'aura pas renoncé à cette rencontre, et si elle n'a pas changé d'avis, Bouchra la conduira jusque là demain lors d'un raid programmé.
Il essayait d'imaginer comment elle était.
Toujours aussi lumineuse, toujours aussi rayonnante ? Il l'avait toujours trouvé belle, cela en était devenu en leur temps, un sujet de plaisanterie, elle qui se complexait de son physique.
Pourtant en plus, elle était belle au delà de son physique. Et la dernière image qu'il en avait, était son visage rayonnant quelques instants avant qu'il ne la quitte.
Heureux au possible de ces retrouvailles qui allaient se produire demain, il n'en était pas moins inquiet.
Inquiet de ce que cela allait engendrer pour leur avenir à tous les deux.
Comment allait-il supporter son retour. Aurait-il un coeur de nouveau assez fort pour admettre de ne plus la revoir ? Oui certainement ! même s'il en aura mal de nouveau, il savait qu'il ferait toujours abstraction de ses envies pour lui permettre encore si il le faut, de la protéger de lui.
Il l'Aimait toujours, et donc était également prêt au sacrifice de son bonheur pour le sien.